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      Une vie au service de la charité   |   Le vieil hôpital Notre-Dame des Fontenilles 


Une vie au service de la charité...

Cette année 2008, c’est sous le signe de Marguerite de Bourgogne, comtesse et fille du duc de Bourgogne, que la ville de Tonnerre a décidé d’organiser ses festivités. 700 ans ont passé depuis la mort de cette figure emblématique, dont le souvenir reste encore profondément ancré dans les mémoires. Il suffit de se placer face à l’Hôtel-Dieu, ou de visiter le vieil hôpital, pour mesurer toute l’importance du rôle et des actions de « la reine », ainsi que la nomment les Tonnerrois.

Epouse de Charles d’Anjou – frère de Louis IX (Saint Louis) -, Marguerite de Bourgogne connut des années de vie fastueuse à la cour de Naples, en tant que reine des Etats Napolitains et du royaume franc de Jérusalem. Puis, une fois veuve, c’est à Tonnerre qu’elle fit le choix de se retirer, afin d’y exercer la charité. Avec sa fortune personnelle, elle décida alors de financer la construction du vieil hôpital Notre dame des Fontenilles, de cent ans plus ancien que les Hospices de Beaune et qui constitue très probablement aujourd’hui la plus ancienne fondation de charité en Europe.

Marguerite de Bourgogne signa l’acte de fondation des Hospices le jeudi après les octaves de Pâques 1293. Il s’agit-là d’un acte d’une très grande importance pour notre histoire locale, en raison du rôle éminent que devait jouer par la suite cette fondation charitable dans le Tonnerrois. Il est certain qu’en signant cet acte, Marguerite de Bourgogne avait essentiellement en vue une idée religieuse. Elle désirait racheter par cette fondation, la dette contractée par son mari envers la justice divine par la mort de Conradin de Hohenstaufen et de Frédéric d’Autriche, décapités sur son ordre à Naples, le 26 août 1269.

Marguerite de Bourgogne voulait essentiellement édifier un hospice pour les pauvres, où ceux-ci pourraient être hébergés, nourris pendant sept jours en recevant au besoin les hardes, chemises, cottes et souliers dont ils seraient démunis. Cet hospice devait exercer en outre les sept œuvres de la miséricorde et notamment : soigner les malades, recevoir et héberger les pèlerins, ensevelir les morts.

Les soins qui étaient prodigués aux malades et aux pénitents, en route vers le tombeau de Saint-Jacques de Compostelle, ont fait la réputation du vieil hôpital, reconnu pour la qualité de son accueil. Un couloir en étage, relié au château de la reine, permettait à cette dernière de s’y rendre directement en cas d’intempéries. Un promenoir en bois, construit en hauteur, lui donnait l’occasion d’inspecter l’ensemble des malades, sans gêner les religieuses, dont la tâche était de prodiguer les soins.

Marguerite de Bourgogne, par la suite, émit le souhait de voir célébrée, chaque année, en sa mémoire, une messe au sein du vieil hôpital. Il est émouvant de constater que, sept-cents ans plus tard, ce désir est toujours respecté.


C’est ainsi que, tous les ans depuis lors, on peut entendre sonner, lors d’une journée unique, la cloche de l’Hôpital, dont les échos éveillent en chaque habitant le souvenir d’une noble figure passée, cette cComtesse d’une grande bonté, dont les bienfaits rendus à la ville constituent le fier héritage de notre patrimoine local.